Archive pour la catégorie 'culte'

Le Surfeur d’Argent de Stan Lee et Moebius

Mercredi 21 mars 2012

J’avais envisagé il y a déjà quelques temps de faire cet article en hommage à Moebius lorsque j’avais appris son décès, mais le temps de relire la série ( j’ai la version US en fascicules) et de me décider à m’y mettre et l’article se retrouvait sans cesse repoussé. Au final, c’est l’actualité du moment qui m’a décidé à écrire ces lignes. Par cet article, j’espère à la fois rendre hommage à cet immense dessinateur qui a littéralement conquis le monde et dénoncer toute forme de fanatisme religieux qui est à la fois au cœur de l’actualité du jour et de cette aventure du Surfeur d’Argent.

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Cette série en 2 épisodes du Surfeur d’Argent écrite par Stan Lee, l’un des pères de l’univers Marvel contemporain, et dessiné par Moebius, immense artiste français de science-fiction au rayonnement international, est détaché de toute continuité Marvel. Les seuls éléments à savoir pour apprécier l’histoire sont les suivants :

- Le Surfeur d’Argent est en fait un extraterrestre nommé Norrin Radd et Galactus est un être qui se nourrit de l’énergie vitale des planètes. Lorsque Galactus arrive sur Zenn-La, la planète natale de Norrin Radd, Norrin propose un marché à Galactus. Si Galactus épargne Zenn-La, Norrin Radd accepte de le servir et de lui trouver les mondes nécessaires à sa survie. Galactus accepte et transforme Norrin Radd en Surfeur d’Argent.

- Norrin Radd sert fidèlement Galactus jusqu’au jour où il arrive sur Terre. Notre planète lui rappelant Zenn-La, le Surfeur se rebelle contre Galactus.

- Galactus condamne alors le Surfeur à rester prisonnier de la Terre. Il lui fait aussi la promesse de ne plus chercher à détruire cette planète.

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Au début de l’histoire, bien des années ont passé depuis la venue de Galactus. Cependant, l’arrivée d’un vaisseau spatial est détectée. Alors que le mystère plane autour de cet OVNI, un mystérieux clochard (en fait le Surfeur) se remémore les souvenirs de son ancienne vie sur un autre monde. Très vite, les évènements se précipitent lorsque l’occupant de ce vaisseau s’avère être Galactus. Cette fois-ci, les intentions de Galactus semblent différentes puisqu’il annonce une nouvelle ère pour l’humanité en échange de leur dévotion. Un révérend nommé Colton Candell va y voir l’occasion d’y gagner en influence auprès des masses en prêchant la bonne parole de Galactus à la télévision. Alors que les peuples du monde entier sous tous unis par cette nouvelle « religion », Galactus va alors décréter que toutes les lois sont caduques et tous les interdits sont levés. La Terre va alors se retrouver dans un chaos total et seul un homme va tenter de se dresser contre Galactus et de ramener le calme : le Surfeur d’Argent.

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Autant le dire franchement, l’ensemble de l’histoire repose principalement sur le match retour entre le Surfeur et Galactus ce qui donne une impression de déjà-vu. Cependant, pour justifier cette rencontre, Stan Lee va alors proposer d’aborder le thème du fanatisme religieux (qui est malheureusement toujours d’actualité). Bien évidemment, le scénario ne parvient pas à éviter la caricature, la foule se rangeant quand même bien vite du côté de Galactus. Cependant, le sujet étant si fascinant et le Surfeur tellement noble qu’on pardonne les quelques lacunes de Stan Lee. A noter quand même un final très intéressant et riche en enseignements. Au niveau dessin, Moebius est aux antipodes de ce que Jack Kirby a pu faire sur le Surfeur. Là où le personnage de Kirby est massif, dynamique et semble vouloir sortir des cases, le Surfeur sous Moebius est plus élancé, tout en élégance et en grâce un peu comme dans un ballet. En deux épisodes, c’est une véritable révolution visuelle que Moebius va imposer au personnage en se démarquant de la très forte empreinte de Jack Kirby et son interprétation aura une très forte influence sur toute une génération d’auteurs outre-Atlantique (ex : Ron Garney sur ce même personnage).

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Au final, je conseille vraiment de lire cette histoire que vous soyez fan de comics ou de BD européennes. Moebius a ouvert la voie à toute une génération de dessinateurs français travaillant de l’autre côté de l’Atlantique (Olivier Coipel, Richard Isanove, Stéphane Roux et j’en oublie certainement).

 Bonus : Superman par Moebius

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DC Comics Anthologie : La Bible DC

Mercredi 29 février 2012

Jusqu’à présent, toutes les volontés d’importer les univers DC en France se sont soldées par des échecs et la licence est passée entre les mains de différents éditeurs qui n’ont jamais su la gérer correctement. Récemment, les droits étaient entre les mains de Panini qui s’est vite brulé les mains avec (les mensuels devenant des bimestriels, suppression du magazine Superman et manque d’audace au niveau des albums librairie). Au final, seules les histoires liées à Green Lantern et à Batman semblaient trouver leur public, ainsi que certaines séries Vertigo (label adulte de DC). Le souci que les lecteurs ont avec DC, c’est que leurs personnages et leur univers est plus méconnu que l’univers Marvel. Parlez-leur de multivers, des différents Flash, Green Lantern ou Robin ou encore des révisions quasi-trimestrielles des origines de Superman et n’importe quel lecteur souhaitant s’investir dans cet univers se sentira dépassé. Visiblement, ce souci semble ne pas avoir échappé à l’équipe d’Urban Comics qui vient de récupérer les droits de DC et qui propose un superbe album qui nous promet de retracer l’ensemble de l’histoire de l’univers DC d’une façon qui soit New Reader Friendly.

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Après la publication très remarquée de Watchmen de Moore et Gibbons en janvier (que je n’ai pas lu car j’ai déjà cette histoire en VO) dans une version reprenant la traduction de Manchette des années 80 (lue lorsque j’étais encore étudiant), Urban avance un peu plus dans sa tentative de (re)conquête du public DC avec DC Comics Anthologie. Leur ambition : nous faire repartir des origines de l’univers DC en 1939 pour arriver au reboot de 2011 au travers de 16 histoires. Chacune de ces histoires est précédé de textes qui replacent chacune d’entre elles dans le contexte de l’époque et qui présentent les grandes évolutions de l’univers DC. On peut ainsi (re)découvrir les origines de Superman, Batman et Wonder Woman de l’âge d’or, la rencontre entre deux Flash ou deux Green Lantern, les débuts de la Justice League, Batman par Neal Addams, Superman par John Byrne, JLA par Grant Morrison et j’en passe. Bref des récits-clés présentés par la crème des auteurs historiques de DC avec un contenu éditorial impressionnant, précis et accessible à tous qui nous amène à la relance de Justice League de Johns et Lee en 2011. Les textes sont l’oeuvre de Yann Graf (citons-le, c’est mérité) et présente avec clarté les époques charnières de DC, des origines au Silver Age en passant par Crisis on Infinite Earths et le New52, le tout divisé en chapitre avec biographie des différents auteurs présents dans l’album en prime.

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L’album se conclut par la présentation du premier épisode de la nouvelle série Justice League par Geoff Johns et Jim Lee. Cet épisode constitue une avant-première du nouveau statu-quo dans lequel vont évoluer les héros de DC. En toute franchise, si les dessins de Lee sont comme toujours magnifiques, je trouve le scénario de ce premier épisode un peu vide. En effet, au bout de 22 pages, seuls Batman et Green Lantern se sont rencontrés. Comparé aux autres épisodes de l’album, celui-là se lit un peu trop vite et au bout de 22 pages, il ne s’est presque rien passé. Il est au final assez symptomatique de la production actuelle avec ce qu’on appelle la narration décompressée. Je me demande quand même si Action Comics 1 de Morrison et Morales n’aurait pas eu plus sa place en guise d’avant-première au New52. Mais bon, je ne suis peut-être pas tout à fait objectif, vu qu’à la base je ne suis pas un grand fan de Geoff Johns (très surcoté comme scénariste) car après tout ce Justice League se laisse lire sans réel déplaisir (même s’il suscite peu d’engouement de ma part).

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Au final, cet album est un indispensable pour un prix modique (22 euros 90 pour un tel pavé, c’est donné). A noter quand même l’odeur du vieux papier lorsqu’on ouvre l’album qui donne dès les premières secondes un côté vintage. Urban Comics part sur les chapeaux de roues avec cet album que les américains vont certainement nous envier. Souhaitons-leur bonne route.

 

Spider-Man 2099 : Spidey à la sauce SF

Lundi 20 février 2012

Sauf si vous venez d’une autre planète, vous savez forcément qui est Spider-Man, héros des petits et des plus grands, star du petit et du grand écran, des peignoirs de bains pour les plus jeunes et des paquets de céréales. Crée dans les années 60 par Stan Lee et Steve Ditko, la petite araignée a pas mal tissé sa toile depuis. Dans les années 90, Marvel cherche à créer une ligne accessible aux nouveaux lecteurs et lorgne du côté de la science-fiction. La ligne 2099 est alors lancée avec un premier titre qui deviendra le fer de lance de la collection : Spider-Man 2099.

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Lancée aux États-Unis en 1992, cette série crée par Peter David et Rick Leonardi est publiée dans un premier temps en France dans le magazine 2099 chez Semic. Depuis, malgré l’effondrement de la ligne 2099, Spider-Man 2099 est resté un personnage très populaire qui a eu un regain de notoriété grâce aux jeux vidéo récents Spider-Man Dimensions et Spider-Man Aux Frontières du Temps. Panini, à l’occasion des 50 ans de Spider-Man, réédite les 10 premiers épisodes de la série dans la collection Best Of.

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En 2099, Miguel O’Hara est chercheur à Alchemax et est spécialisé dans la recherche génétique. Miguel travaille sur une machine capable d’altérer l’ADN humain. Tyler Stone, patron de Miguel, fait pression sur lui pour qu’il passe aux tests sur des humains mais l’expérience se passe mal et le « cobaye » décède. Miguel décide de présenter sa démission à Stone, mais Stone drogue O’Hara avec le Nirvana, un hallucinogène dont Alchemax a le monopole et qui crée une dépendance génétique. Refusant de devenir junkie à vie ou de devoir se fournir sur le marché noir, Miguel pénètre par effraction dans son propre labo à Alchemax et décide de « rebooter » son ADN quitte à y laisser sa vie. Mais Aaron Delgado, rival de Miguel, décide de tuer Miguel en créant une surcharge avec un ADN étranger à celui de Miguel (en l’occurrence de l’ADN d’araignée). Miguel survit à l’expérience mais devient par contre un homme-araignée.

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Spider-Man 2099 est une œuvre réussie et riche. Peter David signe ici l’une de ses meilleures prestations avec un scénario malin mélangeant science-fiction et histoire de super-héros. Les personnages sont très humains et très attachants. L’univers 2099 nous montre des corporations régnant sans égal sur le monde et assurant même la sécurité des concitoyens grâce à leurs propres polices privées sans le moindre soupçon de morale et au mépris des plus défavorisés. Par bien des égards, cet univers me rappelle un autre de mes classiques persos, à savoir le Robocop de Paul Verhoeven. L’histoire attache beaucoup d’importance à Miguel et son entourage, faisant de Miguel un cadre sup avec une vie familiale pas forcément simple et qui est loin d’avoir l’âme d’un héros. C’est un véritable parcours initiatique qui nous est proposé puisqu’au fil de l’histoire, on voit ce jeune chercheur arrogant et suffisant devenir un symbole d’espoir pour les plus défavorisés dans un monde dépourvu de héros. Les dialogues de Peter David font souvent mouche et les clins d’œil au Spider-Man classique sont très bien vus. Au dessin, Rick Leonardi assure. Il conçoit entièrement le monde de 2099, que ce soit les immeubles, les véhicules, les vêtements des gens et son Spider-Man tranche véritablement avec le Spidey classique au niveau visuel. Spider-Man évolue avec beaucoup d’élégance au milieu de véhicules volants et d’immeubles futuristes sans que ça jure. Le 9ème épisode est dessiné par Kelley Jones, mais je suis moins fan.

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Bilan : Panini a vraiment été très inspiré de republier ces histoires qui n’ont pas vieilli. S’il fallait trouver un défaut, ce serait difficile. Quoique, la résolution des deux premiers épisodes n’est pas terrible (couleurs baveuses) donnant une impression de pages mal scannées. Mais le reste est mieux. En bref, un bon divertissement pour tous pour un personnage devenu culte.

 

Supergod par Warren Ellis et Gary Gastonny

Mercredi 15 février 2012

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Conclusion du cycle Warren Ellis. Après Black Summer et No Hero, Warren Ellis introduit des surhommes conçus comme des armes et devenant de nouvelles divinités pour les hommes. Dans Supergod, la notion d’humanité pour les surhommes disparait alors qu’elle était très présente dans Black Summer et No Hero. Cette fois-ci Warren Ellis est au coté de Gary Gastonny, Juan Jose Ryp, collaborateur habituel d’Ellis étant pris sur d’autres projets. Comme les deux autres séries, Supergod est publiée par Avatar aux États-Unis et par Milady en France. Cette série peut être lue indépendamment des deux autres même si elle contribue à la réflexion d’ensemble d’Ellis sur les surhommes.

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Simon Reddin, scientifique, assiste à la fin du monde à Londres. Il enregistre alors son dernier témoignage sur un magnétophone et raconte comment la situation est arrivée et quel rôle il joué dans la fin du monde. Tout commence par l’intention des différents pays du monde de se doter de divinités surpuissantes qu’ils auraient conçus eux-même dans une logique proche de la course à l’armement. Mais les pays vont vite perdre le contrôle de leurs « dieux ».

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Dans ce récit, Ellis pousse sa logique jusqu’au bout en nous montrant ce que les hommes sont prêts à faire pour posséder leur propre divinité protectrice surhumaine. Mais bien sur la situation va dégénérer, ces divinités étant en fait des armes ayant un mépris certain de l’humanité. Les évènements sont chroniqués de façon chronologique par Simon Reddin, un scientifique qui a travaillé sur Morrigan Lugus, divinité britannique née de la fusion de trois astronautes avec un champignon de l’espace (déjà ça donne le ton du bouquin). Le recul qu’il a sur les évènements donnent un certain cynisme à son récit alors qu’il a lui-même été l’un des architectes involontaires de la fin du monde. C’est un Warren Ellis en grande forme qu’on retrouve sur ce bouquin et les réserves que j’ai pu avoir sur No Hero disparaissent ici. Politique internationale, course à l’armement façon surhomme, conflit entre la science et la morale et des surhommes en dehors de tout contrôle, Ellis est vraiment dans son élément. Par contre, ceux qui sont habitués à des récit où un gentil héros tape sur le méchant et gagne à la fin seront déconcertés. Ce n’est pas un récit où le Bien et le Mal s’affrontent et il n’y a pas de happy end. Garry Gastonny remplace Juan Jose Ryp sur ce livre. Son dessin est moins gore, plus réaliste et colle parfaitement au récit. En conclusion, ce livre est peut-être l’un des meilleurs de la trilogie Ellis, mais il n’est pas forcement le plus optimiste.

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Attention : Pour adultes seulement.

 

Black Summer par Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Mercredi 18 janvier 2012

Avec cet article, j’entame une série d’articles qui va être consacré à Warren Ellis et à ses créations chez Avatar. Je ferais donc des articles sur le cycle super-humains d’Ellis en commençant par Black Summer, puis No Hero et enfin Supergod. Ces trois séries ont un trait commun évident : elles traitent de l’incidence des personnes à super pouvoirs sur le monde réel et notamment des implications politiques que peuvent avoir ces êtres. Commençons par Black Summer publié en 2007-2008 aux USA et publié en 2009 en France chez Milady. Cette série est dessinée par l’espagnol Juan Jose Ryp.

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Black Summer pose la question « Quand on combat pour le Bien, jusqu’où peut-on aller ? « . John Horus fait partie du groupe des Sept Armes (des héros qui doivent leurs pouvoirs à des augmentations technologiques) et il vient de tuer le président Bush. John Horus tient alors une conférence de presse dans laquelle il explique qu’il s’est toujours battu pour la justice et qu’il ne pouvait pas laisser l’administration de l’ancien président Bush bafouer les valeurs auxquelles il croyait. Ce le chaos dans le pays alors que les Sept Armes passent du statut de héros à celui de hors-la-loi. Tom Black, qui s’est retiré du groupe après avoir perdu sa jambe et sa fiancée (elle-même membre du groupe) reçoit la visite de Frank Blacksmith, un ancien allié qui a simulé sa mort pour travailler pour les services secrets. Autant dire que la visite de Blacksmith ne sera pas cordiale.

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Après The Authority, on se demandait ce que Ellis pourrait à nouveau apporter au genre super-héroique. Black Summer nous fournit la reponse avec un Ellis très en forme et particulièrement corrosif. Son scénario est dense et on suit avec beaucoup d’intérêt les aventures de ces Armes, héros augmentés grâce à des greffes technologiques (elles paraissent bien loin nos araignées radioactives). Bien qu’on ne connaissent rien des héros, Ellis nous livre des informations tout au long de l’histoire afin des explications sur l’origine du groupe. Ces informations permettent de nous éclairer un peu plus sur les motivations de chacun d’entre eux. A noter aussi les explications scientifiques qu’Ellis donne sur les pouvoirs des héros qui paraissent assez pointus (j’ai fait droit donc je ne suis pas trop calé dessus). Ryp, quant à lui, nos donnent des planches très détaillés avec beaucoup de détails sanglants lors des combats. Le look des personnages est original et très moderne et John Horus, tout de blanc vétu, est à la fois charismatique et imposant.

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Même si l’allusion à Watchmen en quatrième de couverture est purement commerciale, Black Summer est une très bonne lecture qui ravira à la fois les fans de comics et les lecteurs occasionnels. Je recommande donc.

Attention : Pour adultes.

Lorsque Spidey rencontre son homologue du futur.

Mercredi 16 novembre 2011

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Tout récemment, les jeux vidéo ont mis à l’honneur la version futuriste de Spider-Man, Spider-Man 2099. Personnage jouable dans Spider-Man Dimensions, Spider-Man 2099 ne rencontre pas vraiment la version contemporaine du perso (mis à part dans la cinématique de fin mais c’était plus pour la forme). Il faudra attendre le tout-récent Spider-Man Aux Frontières du Temps pour que les persos fassent plus que se croiser à la fin du jeu et partage une aventure à eux deux. Avec des dialogues de Peter David, les échanges entre les deux Spider-Men n’en sont que plus délicieux et rendent le jeu particulièrement agréable et ce quels que soient les défauts de ce jeu (mais je ne suis pas testeur de jeu, je vous renvoie donc à des sites de JV pour un avis un peu plus approfondi).

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Cependant, une telle rencontre est-elle inédite dans nos chers comics ? Spider-Man et Spider-Man 2099 ont-ils déjà pu se croiser dans une aventure sur papier ? Si on peut être tenté de dire que c’est impossible vu qu’ils ne vivent pas à la même époque, c’est bien mal connaitre nos chers auteurs de comics. En effet, les deux Spider-Men se sont déjà croisés, tout d’abord dans l’excellent Spider-Man 2099 meets Spider-Man de Peter David et Rick Leonardi, puis dans Timestorm 2009/2099 de Brian Reed et Eric Battle.

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Spider-Man 2099 meets Spider-Man a été publié dans Marvel n°2 en France. Peter Parker et Miguel O’Hara, les deux Spider-Men des deux différentes époques se retrouvent chacun dans l’époque de l’autre. Ce phénomène est du à une expérience menée à Alchemax, la boite qui emploie Miguel, qui est en train de mal tourner. Cet épisode est un classique. Si le pitch de départ est simple, Peter David parvient à merveille à exploiter la situation de ses deux héros et captive le lecteur par les situations dans lesquelles il entraine les deux héros. La scène dans laquelle Miguel se rend au Daily Bugle pour trouver des infos et se retrouve en face de Jameson est certainement l’une des scènes les plus cultes de cette aventure.

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Timestorm 2009/2099 est une mini-série écrite par Brian Reed et publiée en France dans Spider-Man HS 29. Jake Gallows, le Punisher de l’an 2099, remonte le temps pour éliminer les héros du présent. Il s’attaque alors à Spider-Man et Wolverine avec une arme futuriste et ceux-ci se retrouvent dans le futur en 2099. Mais leur présence en 2099 cause une perturbation temporelle. Dans cette série, Brian Reed repart de zéro dans l’univers 2099 et en pose de nouvelles bases. Miguel devient alors un ado doué en science qui va recevoir ses pouvoirs au cours de l’aventure. Si on ne peut pas dire que cette série soit mauvaise, Reed altère tellement l’univers 2099 qu’il en devient méconnaissable à l’image de son MiguelO’Hara qui devient un Peter Parker version 2099 alors que Peter David avait tout fait pour distinguer les deux Spider-Men (Peter était ado lorsqu’il est devenu Spider-Man alors que Miguel était adulte, il n’avait pas le même type de travail etc …). Cette série qui devait relancer l’univers 2099 dans une nouvelle version sera un échec auprès des fans.

 

X-Men : Dieu crée l’homme détruit

Dimanche 6 novembre 2011

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Depuis la saga cinématographique de Bryan Singer, les X-Men jouissent d’une popularité sans faille même si tous les films n’ont pas été à la hauteur du succès des mutants comme je l’ai déjà évoqué sur ce blog. Mais à la base de ce succès cinématographique, il y a un comic book qui a été très populaire de la fin des années 70 jusqu’aux années 2000. Comic-book à faible notoriété lors de sa création, les X-Men décollent sous la plume de Chris Claremont fin-70 début 80. L’un des thèmes de prédilection de Claremont sera la tolérance, les mutants étant dans l’univers Marvel une minorité particulièrement discriminée. La grande force de la série, c’est que n’importe quelle minorité pouvait se reconnaitre dans les mutants, ce qui rendait le message des X-Men universel. Les mutants avaient le choix entre deux leaders : Le professeur Charles Xavier, qui prônait la coexistence pacifique avec les humains, et Magnéto qui était partisan d’une guerre ouverte pour la survie des mutants. Jusqu’à présent, les confrontations contre l’homme ne se faisait que contre les Sentinelles, robots géant crées  pour chasser et exterminer les mutants.

Le succès des X-Men incitera Marvel à demander à Chris Claremont de créer un récit qui sortira au format graphic novel. En 1982, « Dieu crée l’homme détruit » sort en librairie avec des dessins de Brent Anderson. Le livre sera traduit par Lug en français en 1984 puis par Panini en 2003 pour être raccord avec la sortie cinéma de X-Men 2.

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Cette aventure des X-Men met en lumière une nouvelle menace pour les mutants appelée les Purificateurs. Les Purificateurs sont les adeptes du révérend William Striker, télévangéliste charismatique et raciste qui considère les mutants comme une abomination. Dès la première page, les Purificateurs montrent qu’ils n’ont que peu de respect pour la vie humaine puisqu’ils tuent deux enfants mutants dans leur école. Ils parviennent aussi à kidnapper les leaders des X-Men c’est à dire le professeur Xavier, Cyclope et Tornade. Menacé, le groupe restant de X-Men se voit contraint de s’allier à Magnéto pour mettre fin aux agissements de William Striker.

Voici une aventure des X-Men très riche qui reprend tous les thèmes de prédilection de la série : la lutte pour l’acceptation dès-avis des autres, la tolérance … X-Men Dieu crée l’homme détruit est un condensé de tout ce que j’aime chez les X-Men et qui m’a amené à lire des comics. Chris Claremont parvient à créer une histoire forte et se pose les bonnes questions sur la tolérance mais aussi sur le fanatisme , et on ne peut qu’être interpelé à la lecture de ce récit. De plus, cette histoire est aussi le point de départ idéal pour qui veut découvrir les X-Men. A noter aussi que Claremont prépare dès cet album la réhabilitation de Magnéto, ce qui nous amènera à son procès dans l’épisode 200. Brent Anderson est également parfait et nous livre de très belles illustrations. N’oublions non plus de relever que cette histoire servira de base pour le film X-Men 2 (dans lequel William Striker devient militaire au lieu de réverend, allez savoir pourquoi :-) ).

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Au final, le succès des X-Men a certainement amené à faire évoluer les moeurs dans les comics. Sans les X-Men, est-ce qu’il aurait été possible de créer Batwoman, Jason Rusch ou Miles Morales ? Je me posais la question en écrivant mon article sur Wonder Woman hier et s’il est vrai que la communication des firmes de comics sur les minorités n’est pas toujours de bon gout (à mon sens mais ça ne regarde que moi), l’évolution du marché permet quand même de représenter plus facilement les minorités dans nos illustrés préférés sans que personne ne s’en offusque (même s’il y a quelques voix dissidentes qui ne font que manquer des occasions de se taire). Au final beaucoup de chemin a été parcouru et je ne pense pas que les X-Men soient étrangers à cela.

Attention : certaines scènes peuvent choquer les jeunes lecteurs.

Wonder Woman : Hiketeia

Samedi 5 novembre 2011

 

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Voici un semic book datant de 2003 qui s’est trouvé récemment un public grâce aux promos sur les semic books qu’on pouvait voir en grandes surfaces. Wonder Woman Hiketeia est un graphic novel (« roman graphique » si vous préférez) écrit par Greg Rucka à qui l’on doit aussi Batwoman et dessiné par JG Jones que l’on retrouve sur Wanted.

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Bien qu’il s’agisse d’un comic-book, ce récit de Wonder Woman emprunte beaucoup à la tragédie grecque. A Gotham City, un jeune femme prénommée Danielle vient de tuer un homme. Mais, comme on pouvait s’en douter, elle a très vite Batman à ses trousses. Elle décide de se rendre à l’ambassade de Themyscira pour demander la protection de la Princesse Diana, alias Wonder Woman. Elle accomplit alors le rituel d’Hiketeia, un rite remontant à la Grèce Antique correspondant à une sorte de rituel d’allégeance. Le suppliant s’abaisse aux pieds de la personne à laquelle il réclame protection et se déclare sans valeur face à lui. Les deux personnes deviennent liées l’une à l’autre dans un rite auquel seul le suppliant peut mettre fin. Quiconque ne respecte pas les règles de l’Hiketeia encourt une punition divine. Wonder Woman en connait parfaitement les règles et accorde sa protection à Danielle sans lui poser de questions. Cependant, aux yeux de Batman, Danielle reste une fugitive. La confrontation entre la princesse des amazones et le chevalier noir est donc inévitable.

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Wonder Woman Hiketeia est tout simplement l’un des meilleurs récits mettant en scène la belle amazone. Tout au long de l’aventure, Greg Rucka nous montre une parfaite connaissance des règles de la tragédie. Dans cette histoire, il n’y a pas de vilains et on s’attend à l’avance à un dénouement tragique. Wonder Woman se retrouve obligé de protéger Danielle par le rite qui les lie contre un Batman qui ne s’arrêtera devant rien tant que la justice n’aura pas été rendue. L’affrontement est encore plus difficile entre ces deux héros qu’il n’y pas d’animosité entre les deux et qu’ils sont même amis et coéquipiers au sein de la Justice League. Bref le récit de Rucka est vraiment passionnant. Ajoutant à celà des planches de Jones absolument magnifiques comme à son habitude et on aura un livre à posséder absolument pour tous les fans de comics ainsi que pour les néophytes.

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Attention : Le récit est très sombre et certains thèmes sont résolument adultes.

 

JLA par Grant Morrison

Mardi 25 octobre 2011

Pour venir à bout de menaces qu’un seul d’entre eux ne seraient venir à bout, les superhéros sont souvent obligés de s’unir. Chez Marvel, on a les Avengers (ou les Vengeurs en français), groupe dans lequel des persos possédant tous leur propre série comme Captain America, Iron Man et Thor s’unissent pour venir à bout de telles menaces. Chez DC, le pendant aux Avengers est la Justice League of America.

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Pendant les années 90, les ventes de la Justice League sont plutôt moyennes. Le titre est porté par plusieurs équipes (Justice League of America, Justice League Europe, Justice League International …) , le ton est plutôt comique et les stars du bouquin ne sont pas les plus grandes icones de DC (Guy Gardner, Maxwell Lord, Blue Beetle, Booster Gold, Ice …). En 1997, DC décide d’organiser un relaunch global de ce qui était devenu une franchise sous le simple titre JLA. Cette fois pas seconds couteaux puisqu’on retrouve que des personnages iconiques (Superman, Batman, Flash, Green Lantern, Wonder Woman, Aquaman et Martian Manhunter, bonjour la photo de famille !!). DC espère avec cette équipe renouer avec les origines du titre et confie le destin du groupe à Grant Morrison avec Howard Porter au dessin.

L’Hyperclan, un groupe d’extraterrestres, décide de devenir les nouveaux protecteurs de la Terre. Mais leurs méthodes ne plaisent aux protecteurs de notre monde et notamment à Superman qui est très sceptique sur leurs motivations. Alors que l’Hyperclan parvient à porter un coup fatal aux membres restant de la League, les superhéros vont décider de s’unir et de créer une nouvelle League pour les contrer.

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La JLA de Grant Morrison est l’exemple-type de ce que j’attends d’un titre de superhéros. En effet, Morrison parvient à faire cohabiter toutes les plus grandes stars de DC quelles que soient les contraintes éditoriales. En effet, il s’approprie à merveille les personnages de Kyle Rayner et de Wally West (respectivement Flash et Green Lantern) et parvient à les rendre iconiques alors que d’autres scénaristes auraient certainement cherché à s’en débarrasser pour leur préférer Hal Jordan et Barry Allen, leurs prédécesseurs. Idem, lorsque le costume et les pouvoirs de Superman changent, Morrison se les approprie en quelques panels et parvient à en faire quelque chose de plus cool que ce que les scénaristes de Superman faisaient dans les séries régulières. Quand aux menaces affrontées par nos héros, Morrison ne leur laisse aucun répit : Martiens blancs, créatures divines, l’Injustice Gang, Darkseid ou encore la 5ème Dimension. L’approche de Morrison est toujours originale et spectaculaire et cet auteur n’hésite pas à enrichir sa série des concepts les plus alambiqués et barrés. Un bémol néanmoins sur Howard Porter dont le style est trop flashy à mon gout. J’aurais certainement préféré un dessinateur plus classique.

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Tout d’abord publié en France chez Semic dans Strange puis dans la revue JLA, cette série connait à l’heure actuelle une seconde jeunesse chez Panini qui a entrepris une réédition de tous les épisodes de Morrison en album Anthologie (3 albums publiés pour le moment). Je considère cette série comme un classique du comic book au même titre que les Avengers de Busiek et Perez. Je recommande vivement.

Pour tout public.

 

Old Man Logan de Millar et McNiven

Dimanche 9 octobre 2011

Deuxième collaboration du duo de Civil War, Mark Millar et Steve McNiven, Old Man Logan est une storyline publiée dans les pages de Wolverine (aussi bien aux USA qu’en France) et republiée le mois dernier en France dans la collection Deluxe en même temps que Nemesis (saga largement inférieure au niveau qualité mais ça a déjà fait l’objet d’un article ICI).

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Old Man Logan nous raconte l’histoire d’un Logan vieilli qui a quitté la scène superhéroïque. Suite à la défaite des héros face aux vilains, Logan est devenu fermier, a fondé une famille et a renoncé à sa vie de violence. Cependant, un jour, il va devoir de l’argent au clan Banner, descendants du célèbre Hulk contrôlant une partie des Etats-Unis. Logan est dans l’incapacité de les rembourser.Clint Barton, alias l’ex-Vengeur Oeil de Faucon, propose à Logan de l’aider à condition qu’il l’aide à livrer un mystérieux paquet. Logan et Clint se retrouvent alors sur les routes à traverser des Etats-Unis maintenant contrôlés par les super-vilains.

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Avec Old Man Logan, Millar et McNiven se montrent à la hauteur de la réputation qu’ils ont acquise sur Civil War et nous livrent une histoire riche en référence. En effet, comment ne pas penser à Wanted lorsque, dans Old Man Logan, on nous explique que les vilains ont eu le dessus sur les héros et controlent maintenant les Etats-Unis ? La filiation entre ces deux oeuvres de Millar est évidente. L’autre grande référence de Millar sur Old Man Logan sont les westerns de Clint Eastwood. Logan en fermier qui, après une vie de tumultes, renonce à la violence pourrait être incarné au cinéma par le grand Clint. Il y a comme une sorte de suspense tout au long de l’album où on se demande à quel moment ses griffes vont à nouveau faire « SNIKT ». On sent vraiment le personnage se faire violence pour rester pacifique jusqu’à ce fameux moment où … (je ne vais pas vous le dire, il faudra lire l’album pour savoirScelle). Enfin, l’album se lit comme un road movie post-apocalyptique. Tout en suivant, le périple de Logan et Clint Barton, on découvre cette nouvelle Amérique divisée en différents territoires controlés par quelques super-vilains majeurs. C’est une vision vraiment très sombre de l’avenir de l’univers Marvel.

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En conclusion, avec ses beaux dessins inspirés de McNiven, ses références cinématographiques et son ambiance très sombre, Old Man Logan saura séduire aussi bien les vieux lecteurs de Marvel que les lecteurs occasionnels de comics. Quitte à choisir avec Nemesis, Old Man Logan est définitivement l’album qu’il faut prendre (d’autant plus qu’il y a la spider-mobile dans l’album).

Attention : Pour adultes seulement.

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